CASA MIMA ABRITE DES PIÈCES QUI RETRACENT LA VIE QUOTIDIENNE D’AUTREFOIS

Par Sandra ESCOBAR / Traduction Julio C. LOARCA / Révision de la traduction David DIRAISON

1963 : année triste pour ceux qui vivent dans cette maison. Ricardo est mort. Il y a 43 ans de cela, il était venu vivre ici avec sa femme, Mercedes. Telma et Naya, ses fidèles domestiques, ouvraient les fenêtres, époussetaient les meubles, cuisinaient, nettoyaient la cour extérieure, laissant tout en parfait état. Depuis cette année-là, les propriétaires de la maison n’étaient plus là, les années filaient entre les mains des deux femmes, entre les tâches quotidiennes, ouvrir et fermer la porte, jusqu’à ce que l’inévitable au revoir s’inscrive dans le calendrier de 1997.

Telma et Naya partent à leur tour. Cette maison, située dans l’angle des vieilles rues de El Carmen et de Las Beatas, au cœur du centre historique de la ville de Guatemala, a ouvert au public en décembre 1999 sous le nom de ‘Musée Casa Mima’. Mais l’histoire n’a pas commencé à ce moment-là ! Cela fait 79 ans que ses murs cachent des souvenirs de la vie quotidienne de la capitale guatémaltèque, depuis la fin du 19ème siècle jusqu’au milieu du 20ème.

Telma et Naya partent à leur tour. Cette maison, située dans l’angle des vieilles rues de El Carmen et de Las Beatas, au cœur du centre historique de la ville de Guatemala, a ouvert au public en décembre 1999 sous le nom de ‘Musée Casa Mima’. Mais l’histoire n’a pas commencé à ce moment-là ! Cela fait 79 ans que ses murs cachent des souvenirs de la vie quotidienne de la capitale guatémaltèque, depuis la fin du 19ème siècle jusqu’au milieu du 20ème.

‘‘C’est à partir de 1920 que l’histoire de la maison est connue’’, explique Beatriz Quevedo, directrice exécutive du Museo Casa Mima, un espace avec des milieux de l’époque républicaine et ses arts décoratifs, divisé en sept zones où sont exposées des œuvres qui combinent des styles et des influences de différentes parties du monde, reflétant en quelque sorte l’identité des habitants de la capitale du Guatemala indépendant.

Avant le décès de Ricardo et de sa femme Mercedes, leur fille Berta, née de ce mariage, décide de garder la maison avec les biens de ses parents, chose à laquelle les domestiques contribuent de 1963 à 1997.

Être au Musée Casa Mima est une expérience intéressante pour le visiteur car, en plus des pièces originales appartenant à ceux qui l’habitaient, il y en a d’autres de différentes époques, comme le bureau qui date des années 1940. “Le musée abrite des objets qui nous permettent d’observer un mélange de styles et de modes, un reflet de plusieurs époques », explique la directrice exécutive.

Dans le bureau sont les photographies de Ricardo Escobar Vega et sa femme, qui est venu habiter la maison en 1920. (Photo Guatemalan Art : Sandra Escobar).

SE PLONGER DANS L’HISTOIRE

Au fil des ans, la maison a eu quelques retouches, comme celle de 1920 réalisée par l’architecte Rafael Pérez de Léon. En 2017, une importante restauration du toit et de sa structure de soutien a également eu lieu, ainsi que des travaux de peinture, de nettoyage et de mise en œuvre de nouvelles mesures de sécurité. Une fois terminé tout cela, la maison a rouvert ses portes le 1er juillet de cette année.

Le lieu est contrôlé par la Fondation Culturelle La Luz, créée pour gérer les finances du Musée qui reçoit des dons d’articles d’époque pour leur conservation, ainsi que de l’argent pour son fonctionnement.

Les visiteurs de Casa Mima peuvent opter pour une visite guidée durant laquelle ils passent par le studio, la salle à manger, les chambres, la cuisine, la terrasse et d’autres pièces. L’expérience est enrichissante. ‘‘On adore recevoir les enfants et les jeunes, on leur dit à quoi ressemblait la vie quotidienne à différentes époques. Par exemple, on leur explique qu’au début du 20ème siècle, il n’y avait pas de salles de bain comme nous les connaissons de nos jours. Les gens se baignaient au lavoir, il y avait cependant dans les chambres des ustensiles de toilette personnels comme les aquamaniles (récipients destinés au lavage des mains’’, relate Quevedo, qui ajoute que connaître l’histoire à travers les pièces d’un musée est important pour la nouvelle génération.


Beatriz Quevedo, directrice exécutive du Museo Casa Mima, présente la collection d’objets en étain. (Photo Guatemalan Art: Sandra Escobar).

LES DÉTAILS

Casa Mima est, dans son ensemble, un lieu où s’est arrêté le temps. La pièce qui le prouve le plus est la cuisine. ‘‘Les ustensiles et les objets de cette cuisine sont l’occasion d’observer le mode de vie d’une famille guatémaltèque à la fin du 19ème siècle’’, explique Quevedo.

Il s’agit d’un petit espace cosy. Le poêle à bois, qui appartient à la construction originale de 1870, interpelle le visiteur. Un support en étain, une meule à grain, un mortier et un seau avec anse pour préparer de la crème glacée sont, entre autres, exposés sur ce poêle. On y trouve également une fonte.

‘‘Il est important de rappeler qu’à la fin du 19ème siècle, la cuisine était un point de rencontre très important chez les familles guatémaltèques. La préparation des repas et la convivialité étaient quelque chose de très spécial car la journée de travail était coupée en deux et rentrer déjeuner à la maison faisait partie de la vie quotidienne’’, ajoute Quevedo.

Dans cette partie de la maison, on trouve aussi des collections de vaisselle en étain, en verre, des pots en terre cuite et des dizaines d’ustensiles, typiques des années durant lesquelles elle était habitée. On peut également voir les traditionnelles meules utilisées pour moudre le maïs, les graines ou encore les épices, qui seront par la suite incorporés aux plats typiques de la cuisine guatémaltèque. En outre, des chaudrons en cuivre pour les sucreries, de la faïence, de la vannerie, des gamelles à repas en étain et un torréfacteur à café sont exposés.

Quand on ouvre la porte, on aperçoit sur notre droite une caisse en bois avec un couvercle, autrefois utilisée pour conserver certains aliments. ‘‘Cette caisse était l’équivalent du congélateur puisqu’à l’époque, il n’y avait pas de système de refroidissement électrique. La Cervecería Centroamericana vendait des poches de glace, distribuées dans des charrettes tirées par des ânes, puis stockées dans cette fameuse caisse en bois’’, précise la directrice exécutive.


Plusieurs objets de la cuisine sont exposés sur le poêle à bois. (Photo Guatemalan Art : Sandra Escobar).


La caisse en bois qui servait de congélateur est également présentée dans la cuisine. (Photo Guatemalan Art : Sandra Escobar).


GARDIENS D’HISTOIRE

Telma et Naya, les fidèles employées de Ricardo et de Mercedes, n’avaient peut-être jamais imaginé que leur histoire ferait également partie du Musée Casa Mima. En effet, la pièce qu’elles occupaient autrefois met en scène un style de vie différent.

“Quand la famille Escobar Vega a fait don de la maison au musée, les deux domestiques y habitaient toujours ; il a donc fallu leur trouver un nouvel hébergement. Les objets et biens faisant partie de la collection sont, quant à eux, restés dans la maison’’, dit Quevedo.

A quelques pas de la cuisine, près du lavoir, des marches en bois mènent à la chambre de Telma et de Naya. Elle est composée d’un petit placard blanc, d’un lit, d’une chaise, d’une table et d’un pot de chambre. À côté du lit, une petite fenêtre, par laquelle les deux femmes ont probablement vu passer le temps dans cette maison historique.

Lorsque le Musée a ouvert ses portes au public, la chambre de Telma et de Naya avait été désignée comme espace de stockage, mais la directrice exécutive a déclaré qu’après avoir assisté à l’une des réunions annuelles du Conseil international des musées (ICOM) dont ils font partie, un projet d’aménagement de cette pièce a été lancé. “Nous avons pensé à rendre plus visible l’espace attribué au personnel de service car il a joué un rôle important dans la conservation des pièces du musée. De 1963 à 1997, Thelma et Naya se sont retrouvées seules à vivre dans la maison, ce qui a permis à l’ensemble de rester «vivant». On remarque aussi l’importance des histoires liées aux objets utilisés ainsi qu’à la chambre des domestiques’’, précise-t-il.

Dans cette pièce, il y a aussi deux grandes armoires en bois à l’intérieur desquelles on trouve, par exemple, une collection de fers à repasser au charbon.

Par un midi extrêmement ensoleillé à Guatemala City, les piétons se pressent entre la 8ème avenue et la 14ème rue dans la zone 1. Je sors du Musée Casa Mima et dis au revoir à Beatriz. Quand j’entends le bruit de la porte qui se referme, j’imagine Telma et Naya sortir le matin par la même porte, allant peut-être au marché, à la boulangerie, sans même imaginer qu’un jour de juillet 2017, Beatriz me dirait que l’ouverture et la fermeture de cette porte est précisément ce qui maintient cette vieille maison en vie.

  • Pour en savoir plus sur ‘Museo Casa Mima’, situé dans la 8a. Avenida 14-12, zona 1, Guatemala City, cliquez sur ce lien.
Vue des escaliers qui mènent à ce qui était autrefois la chambre de Telma et Naya, les domestiques des propriétaires de la maison. (Photo Guatemalan Art : Sandra Escobar).

Vue d’ensemble de l’une des pièces principales. (Photo Guatemalan Art : Sandra Escobar).

 

 

 

You might also like More from author

Comments are closed.